Mercredi a minuit, entre la poire et le fromage, la plupart d’entre nous se préparent à passer en 2009, à grand renfort de foie gras et de sceaux à vomi.
Je dis la plupart d’entre nous, car moi, non.
J’y ai mûrement réfléchi. Chaque année, je me fais avoir, emporté par cet élan d’enthousiasme collectif, je fête le passage à une nouvelle année, le cœur plein d’espoir, et les couilles toujours aussi pleines que l’année précédente.
Et c’est bien là le problème. Désillusions et péripéties pathétiques s’enchaînent pendant douze mois, jusqu’à revenir au point de départ.
Souvient toi, lecteur ! Toi qui es passé en l’an 2000 en pensant manger des pilules, aller dans l’espace et conduire une voiture volante, toi qui croyais naïvement qu’en 2008, tout irait mieux, que tes boutons d’acné auraient disparu sans éclater, que tes seins allaient gonfler (pour les lectrices), ou dégonfler (pour les lecteurs). Souvient toi, lecteur, de ton année qui a débutée avec quelques bourrelets, conséquence malheureuse des fêtes de fin d’année de 2007, et qui se termine les côtes disgracieusement visibles sous une poitrine dépourvues de graisse, conséquence malheureuse d’une crise économique dont personne ne sait exactement ce qu’elle signifie.
Souvient toi, lecteur, toi qui te trémoussais dans les années 90 sur les tubes de merde de Sandie Valentino. Toi qui jouissais en plein cinéma en regardant des Stallone et des Schwarzie, les muscles débordant de leurs marcels tachés de sang, défoncer des armées entières à grands coups de latte dans la gueule. Toi qui versais une larme devant ta télé parce que Zizou avait réussi, pour la première fois de sa vie, à se servir deux fois de sa tête en moins de 90 minutes.
Souviens toi lecteur, toi qui a le cerveau plus mou qu’un caramel mou, et demande toi si tous les ans, le 31 décembre, à minuit, tu ne fais pas une grosse connerie.
En ce qui me concerne, c’est tout vu. Cette fois, je ne passerais pas en 2009. Ca ne fera pas revenir les années 90, mais au moins j’échapperais au 21 décembre 2012.
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